Approvisionnement durable et bio, lutte contre le gaspillage, diversification des protéines, interdiction du plastique, information des convives : tout comprendre sur la loi EGALIM et ses obligations pour la restauration collective.
Promulguée en novembre 2018 puis renforcée par la loi Climat et Résilience (dite « EGALIM 2 »), la loi EGALIM est issue des États généraux de l'alimentation. Elle s'appuie sur les 3 milliards de repas servis chaque année en restauration collective pour transformer en profondeur les pratiques d'approvisionnement, réduire le gaspillage et améliorer la qualité de l'alimentation servie aux convives.
Ce guide détaille les 5 volets de la loi, qui est concerné, comment les obligations sont calculées et contrôlées, et quelles solutions existent pour s'y conformer sans y passer un temps considérable.
Sont comptabilisés comme « durables » les produits bénéficiant d'un signe officiel de qualité ou d'origine :
Cette part concerne l'ensemble des produits certifiés issus de l'agriculture biologique, ainsi que les produits en conversion depuis plus d'un an (C2, C3).
Le ratio se calcule en valeur d'achat HT, sur l'ensemble des achats de produits alimentaires de l'année civile. Concrètement, pour 100 € d'achats alimentaires, au moins 50 € doivent provenir de produits durables (dont au moins 20 € de produits bio).
Depuis 2022, chaque établissement doit établir un bilan statistique annuel de ses approvisionnements et le télédéclarer, notamment via la plateforme officielle ma cantine.
Le « local » n'a pas de définition juridique officielle et ne peut pas, à lui seul, constituer un critère de sélection dans un marché public. Un produit local n'entre dans le décompte des 50 % que s'il possède également l'un des signes de qualité listés ci-dessus. Les produits issus du commerce équitable et des projets alimentaires territoriaux (PAT) sont encouragés mais ne comptent pas dans les 50 %.
Depuis janvier 2020, tous les établissements de restauration collective — y compris le secteur privé — doivent mettre en place une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire, reposant sur un diagnostic préalable.
Au-delà de l'obligation légale, la mesure régulière du gaspillage permet souvent des économies substantielles, réinjectées dans l'achat de produits de meilleure qualité.
Depuis le 1er janvier 2020, chaque établissement doit informer une fois par an ses convives (et pour les cantines scolaires, les parents) de la part de produits durables et bio effectivement atteinte, ainsi que des démarches engagées. Cette information s'ajoute à l'obligation d'affichage de la qualité nutritionnelle des menus, en vigueur depuis 2018. Elle peut se faire par affichage ou par voie électronique.
L'ensemble de la restauration collective : cantines scolaires (publiques et privées), restauration d'entreprise, EHPAD, portage de repas — à l'exception des restaurants de l'administration. Pour le secteur scolaire, l'objectif est d'offrir à tous les enfants, quel que soit leur établissement, une alimentation de qualité.
Elle répond à un double objectif : soutenir les producteurs français en réorientant les achats vers des produits de qualité et le circuit court, et garantir un accès équitable à une alimentation saine et durable pour tous les convives, quel que soit leur établissement.
La difficulté n'est généralement pas de trouver les bons fournisseurs, mais de suivre et déclarer les ratios avec fiabilité : chaque facture doit être analysée pour déterminer si le produit acheté est qualifiable (bio, durable, ou non), puis les résultats agrégés et transmis sur ma cantine. C'est une charge administrative réelle, qui peut être largement automatisée.
Au-delà de l'amende spécifique au gaspillage alimentaire (3 750 €), le principal risque pour un établissement public est le contrôle de légalité et l'image renvoyée aux convives et à leurs familles en cas de non-atteinte des objectifs, la loi EGALIM reposant avant tout sur une logique de transparence et de déclaration.
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